NOVEMBRE


Les huit montagnes

Paolo Cognetti - Stock

Éblouissante simplicité des mots. Amour absolu. Celui que Paolo Cognetti porte à la montagne. Il réussi dans ce récit à mêler deux ressorts narratifs : la  filiation et l’amitié. Ils se conjuguent magnifiquement. Pietro, enfant de la ville, séjourne l’été dans le Val d’Aoste avec ses parents. Sa mère ne s’éloigne pas du chalet. Son père l’emmène en haute altitude. Et puis il y a Bruno, un gamin berger dont il devient l’ami naturellement et qu’il suit dans les alpages. Des années durant, le petit Milanais reviendra au village de Grana, pour repartir et ressentir à nouveau la nostalgie des cimes. Il ne s’agit pas d’une simple histoire d’amitié, l’auteur convoque les thèmes de l’apprentissage de la vie, de la transmission, les compare à une lente randonnée. On évoque Pagnol, Rigoni Stern, assurément des inspirateurs ! Une histoire banale, sublimée par l’épure de l’écriture et la splendeur de la montagne. (Récompensé par le prix Strega (sorte de Goncourt italien) et le Prix Fémina étranger 2017) (Nathalie)

 

Les vivants au prix des morts

René Frégni  - Gallimard

Souvent, les récits de René Frégni apaisent. L'écrivain y clame son amour des mots et nous fait déambuler dans les collines provençales. Avec sensualité, il restitue la beauté sobre de Manosque et celle du corps d'Isabelle, sa compagne. Dans ce dernier opus, en panne d’inspiration, il arpente les sentiers et les collines de Provence à la recherche d'un sujet autour, pourquoi pas, de l'actualité liée aux attentats. Son téléphone sonne: il reconnaît immédiatement un détenu qui avait suivi ses ateliers aux Baumettes. Kader vient de se faire la belle et lui demande de l'aide... La suite du récit, sous la forme du journal intime brouille la frontière entre vrai et faux.   L'intrigue, bâtie à la manière d'un polar, est haletante. On tremble pour René, héros du récit, d'autant qu'il présente d'étranges similitudes avec l'auteur. Le "vrai" Frégni, lui, n'est pas dépassé. Les truands, il connaît. Il a animé des ateliers d’écriture pendant des années dans les prisons et avoue un attachement à ces truands transgressifs. On lit fiévreusement, emporté par le style poétique et lumineux de cet auteur à découvrir absolument ! (Nathalie)

 

 Le Gang des rêves

Luca di Fulvio - Slatkine & cie 

Cetta a à peine 15 ans lorsqu’elle fuit son Italie natale en 1909 avec son bébé vers l’Amérique. Si elle semble résignée sur son sort dès son arrivée sur le continent, elle nourrit son rêve américain pour son fils Christmas. Mais comment grandir dignement, s’élever socialement lorsque l’on vit dans la pauvreté, au milieu de la mafia et des gangs ? Christmas est adolescent lorsqu’il rencontre une jeune héritière victime d’une sauvage agression, le gamin vantard la porte dans ses bras jusqu’à l’hôpital. Dans le visage tuméfié de Ruth, ses yeux verts émeraude laisseront la seule et unique brûlure d’amour dans le cœur de Christmas. C’est le roman de l'immigration, de la misère, de la prostitution, du rêve américain pas toujours accessible, de la difficile intégration des étrangers sur leur terre d'accueil.
C'est un roman de gangsters, des mafias, des flics corrompus, du code d'honneur des voyous.
C'est aussi un roman d'amour.
Mais également le roman de l'Amérique du début du XXe siècle, des théâtres en plein essor, des premières radios libres, de la naissance d'Hollywood et du cinéma, des stars, des dérives.
C'est l’histoire de l'amitié à la vie, à la mort, celle qui fait redescendre sur terre quand on prend la grosse tête, celle qui fait accomplir des exploits parce qu'ensemble on est plus forts.
Luca di Fulvio nous entraîne dans la fougue de son récit sur près de 700 pages que l’on dévore ! Les personnages sont vivants, l’écriture cinématographique nous fait vivre chaque instant au cœur de New-York ou à Hollywood, suivant le destin de ce jeune homme avec toute la gamme des émotions ! (Nathalie)

 
OCTOBRE  

L’ordre du jour

Éric Vuillard -Actes Sud

Ce 20 février 1933 à Berlin, à l’invitation du président du Reichstag Göring, vingt-quatre représentants du monde économique viennent rencontrer Hitler dans les salons parlementaires. Ils s’appellent Krupp, von Schnitzler, von Opel, ils dirigent BASF, Bayer, Siemens, Allianz, Telefunken… Ils s’apprêtent à financer le nazisme. Éric Vuillard a choisi de représenter ce moment pivot dans un texte bref et tendu pour nous amener à comprendre la mécanique nazie.
On voudrait mettre ce livre entre toutes les mains pour que chacun puisse se remémorer quelle logique a souvent présidé dans l’Histoire à l’installation d’un régime autoritaire. (Nathalie)

  

 Rendez-vous à Positano 

Goliarda Sapienza - Le Tripode

Tout commence dans les années 50. Alors assistante du cinéaste Francesco Maselli, son compagnon, Goliarda découvre Positano, village à flanc de montagne, les pieds dans l’eau, tout en verticalité, aux escaliers innombrables. Et où l’on se doit de marcher pieds nus. C’est là qu’elle rencontre Erica. Naît alors une amitié, une complicité entre sœurs d’âme qui durera 20 ans.

Et Goliarda de nous raconter, en plan serré, en scènes courtes et solaires, cette amitié.

Ceux qui ont lu  l’art de la joie  se replongeront avec délice dans l’écriture de cette auteure reconnue pour son talent à titre posthume, une poésie de combat, délicate et solaire. Ceux qui la découvrent avec cette toute dernière œuvre connaitront sans doute une forme d’éblouissement comme celui qui la saisit lors de sa découverte de Positano.

Pour ma part, plonger à nouveau dans l’univers fort, lumineux, sensible de Goliarda Sapienza fut à la fois un délice et un sentiment de perte absolu de n’avoir plus rien à lire de cette femme inoubliable ! (Nathalie)

  

Ecorces

Xavier Gloubokii - Liana Levi

Sous ses faux airs de polar, le premier roman de Xavier Gloubokii rend avant tout hommage à la forêt. Amateur de littérature américaine, il imagine un Comté pour sa tragédie en trois actes. Dans cette contrée rurale, le béton grignote progressivement la vallée, sans que le shérif Ahmed ne prenne de réelles dispositions. C'est dans ce contexte qu'apparaissent les « hommes-arbres », mystérieux activistes ayant investi la forêt pour mieux la protéger. La tension monte lorsqu'un cadavre d'animal mutilé est découvert à l'orée des bois. Roman court mais intense, Écorces se meut aux frontières du polar et du fantastique tout en portant une réflexion sur le changement et la manière dont la nature fait les frais de l’irrésistible expansion humaine. Très prometteur, auteur à suivre… (Nathalie)

 
SEPTEMBRE 17  

Souviens-toi de moi comme ça

Bret Anthony Johnston - Albin Michel

L'histoire du jeune Justin enlevé à onze ans dans une petite ville portuaire du Texas est non seulement écrite d'une main de maître, à la manière d'un insoutenable thriller, elle est aussi et surtout une impressionnante mise en abyme des réactions, des angoisses, de la psychologie à vif, de la victime et de ses proches.
La construction du récit est hallucinante - avec ses fréquents retours en arrière, ses événements tout juste suggérés, son inquiétant prologue... Le lecteur est dans la tête de la famille Campbell, confronté à ses incertitudes, ses erreurs d'appréciation, ses révélations brutales. Le ressort principal du roman est la réapparition de Justin, quatre ans plus tard, en ado de quinze ans, étrangement aimable et serein. Son ravisseur, en attente du procès, hante chaque personnage. Chacun se doute, bien sûr, que ce retour miraculeux ne va pas effacer le traumatisme. Rassurer Justin, réapprendre à vivre normalement, dépasser le sentiment de culpabilité, désamorcer la colère qui aveugle, ne pas céder au désir de vengeance : le travail de reconstruction est titanesque. Sans jamais sombrer dans le pathos ou les détails scabreux, Bret Anthony Johnston nous délivre une véritable leçon de littérature et d'humanité. (Nathalie)

 

   

Leçons pour un jeune fauve

Michela Murgia - Seuil

A 38 ans, Eleonora est une comédienne viscéralement indépendante. Eprise de silence et de solitude, elle savoure sa liberté chèrement acquise. Femme de tête – mais façonnée par une histoire personnelle douloureuse –, elle n’a pas voulu fonder de famille. Ni s’installer dans une relation amoureuse conventionnelle, ce qui ne l’empêche pas d’avoir autour d’elle des hommes en nombre et de jouer régulièrement le rôle de Mentor pour de jeunes gens. Chiru est son dernier élève. En dix-sept leçons et un épilogue, Michela Murgia fait le récit d’une éducation professionnelle et affective, de ses ambiguïtés, de ses embûches. Car, on s’en doute, des liens d’ordre amoureux vont rapidement poindre entre les deux protagonistes. Parallèlement, cette relation particulière permet à la narratrice de redescendre dans son passé, d’évoquer la mort de sa mère et de ressusciter une enfance que l’on devine saccagée par un père ambigu et violent. La romancière sarde effleure les sentiments et nous touche avec cette écriture brute,  vibrante avec laquelle elle excelle à décortiquer les relations humaines. (Nathalie)

 

   

Profil perdu

Hugues Pagan - Rivages

Vingt ans après son chef d’œuvre, Dernière station avant l’autoroute, Hugues Pagan, à 70 ans revient au roman. Cruel, douloureux, désespéré, même si cette fois l’amour ouvre une petite fenêtre lumineuse dans la noirceur totale où s’ébroue le commissaire Schneider, ce nouvel opus est bien de la même trempe. Policier pendant vingt-cinq ans, Hugues Pagan fit, le premier, du livre de flic, de la littérature policière. L’écrivain a un talent énorme pour capter le poisseux des existences ratées et la lente désespérance des gardiens de ce monde. Il  dresse ici le portrait d’un flic saturé de désespoir en évoquant son passé et ses antécédents comme officier parachutiste engagé durant la guerre d’Algérie. La traque d’un tueur de flic prend une tournure inattendue lorsque ce policier désabusé entend dénoncer des inspecteurs tabassant un suspect peu coopérant sous l’œil complaisant d’une hiérarchie inspirant méfiance et défiance. On le voit, Schneider devient l'archétype du flic rebelle qui ne croit à plus grand-chose hormis peut-être cette relation naissante avec Cheroquee, une belle jeune femme rencontrée lors de la soirée de nouvel an. C'est probablement la seule lueur d'espoir que l'on entrevoit tout au long de ce roman avec cette liaison quelque peu surannée qui convient parfaitement à l'état d'esprit de l'époque. Car Hugues Pagan parvient à diffuser par petites touches subtiles cette atmosphère propre aux débuts des années 80 que l'on décèle notamment au gré de dialogues solides et maitrisés permettant d’appréhender ce climat si particulier de la police. Hugues Pagan avait stoppé son travail d’écrivain pour celui de scénariste (Police district, Nicolas le Floch…), il est de retour dans le roman noir et c’est bon ! (Nathalie)

 

 Notre histoire

 Rao Pingru - Seuil 

Quand, en 1946, Rao et Meitang se fiancent, aucun des deux ne se doute que la traversée durera plus de soixante années. Une croisière au (très) long cours, jalonnée d’enfants et surtout violemment ballottée par l'Histoire. Rien ne leur sera épargné. Rao est envoyé pendant vingt ans dans un camp de travail à l'autre bout du pays, Meitang reste à Shanghai où chaque jour est un combat pour remplir les assiettes. Contre toute attente, le petit couple plie, mais ne rompt pas. Lorsque son épouse meurt, en 2008, l'ancien militaire se met en tête de coucher leur histoire sur le papier.
 Aujourd'hui âgé de 94 ans, l’auteur chinois a fait le choix d'avoir la mémoire conciliante. Il souffre moins d'avoir été une victime expiatoire du maoïsme triomphant que d'avoir perdu, en 2008, sa femme adorée.

Dans cette longue traversée de la Chine du XXe siècle, il nous livre une chronique colorée de la vie quotidienne dans l'ancienne puis la nouvelle société, où la poésie compte plus que l'idéologie, la gastronomie que l'économie et la famille, que le Parti. C’est doux. (Nathalie)


  

AOÛT 17

 

Chère Brigande

Michèle Lesbre - Sabine Wespierser

Marion du Faouët, féministe avant l'heure, égérie d'une bande de Robins des bois bretons, qui prenaient aux nantis pour donner aux plus démunis, sera pendue au gibet de Quimper en 1755. Et voici, vivante comme jamais, sous la plume élégante de Michèle Lesbre, cette figure rebelle du XVIIIe siècle qui vient percuter notre époque, où sévissent les inégalités. L'auteur lui écrit directement, la convoque et l’évoque, puise dans son histoire l'énergie de croire encore aux utopies, malgré le plomb de l'actualité. Michèle Lesbre se souvient à son tour des combats qui l'ont portée, comme la guerre d'indépendance algérienne. Lors d’un voyage en Bretagne, sur les traces de sa « chère brigande », elle voit resurgir l'histoire d'un amour aujourd'hui disparu. Très subtilement les histoires se mêlent, laissant sourdre les émotions. (Nathalie)

  

JUILLET 17

 

Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar

Antoine Choplin - La fosse aux ours

Tomas Kusar est  garde-barrière dans la petite ville de Trutnov, dans la  Tchécoslovaquie communiste des années 70. C’est un homme simple, taiseux qui aime passer son temps à prendre des photos en forêt. Un soir, lors d’une représentation théâtrale à laquelle tous les cheminots assistent, il fait la connaissance de Václav Havel, auteur de la pièce. Cette rencontre va changer sa vie… Alors que tout semble les séparer, une amitié solide naît entre les deux hommes, entre l’intellectuel et l’ouvrier. Au contact de Václav, Tomas s’éveille à la politique et aide son ami à ses risques et périls. Toujours avec beaucoup de douceur, d’humanité, Antoine Choplin met en scène un homme simple et réservé au contact d’un personnage marquant de l’histoire de la Tchécoslovaquie. Hommage à l’engagement, à ces gens qui veulent servir la liberté portés par l’espoir d’un monde meilleur, quitte à consentir à de lourds sacrifices, la prison pour Havel  et la perte de ce à quoi il tient pour Tomas, ce roman est aussi une réflexion sur le pouvoir des intellectuels et le rôle de la culture dans la lutte. Avec douceur et brio, Antoine Choplin nous rappelle que l’engagement des intellectuels a pu faire changer l’Histoire, parfois… « Tu vois, Tomas, j’ai l’impression que la culture peut être un levier. Comme un outil de savoir et de plus grande conscience sur le monde. » dit le dissident qui deviendra président du pays lors de sa première rencontre avec Tomas… (Nathalie)

 

Ensemble séparés

Dermot Bolger - Joëlle Losfeld

 Le roman se déroule dans les années 2000, celles d’une bulle spéculative en Irlande, un moment où l’immobilier atteint des prix astronomiques, où chacun semble pouvoir devenir propriétaire, une spirale économique d’abord miraculeuse. Chris et Alice habitent une petite maison qui fut longtemps le symbole du bonheur. Cependant, Chris voudrait à présent profiter de la bulle spéculative pour offrir à son épouse la grande demeure de ses rêves. Mais il rate toujours l'investissement juteux, tandis qu'Alice glisse dans la dépression. Tout pourrait s'arranger grâce à leurs voisins, qui proposent une belle occasion à saisir. Mais leur astucieux projet de jardin mitoyen va devenir un serpent de mer et incarner la fin de l'espoir pour Chris et Alice, et faire le bonheur de promoteurs véreux. Entre humour souvent noir, ruptures de ton, situations tantôt cocasses, tantôt poignantes, le récit prend une ampleur inattendue et conte l'histoire d'un pays en vrac. La poésie  irrigue ce roman dont le sens, peu à peu dévoilé, s'apparente à une lutte farouche contre la désillusion. L’analyse, à la fois humaine, économique, sociale et politique, est d’une acuité terrible, jamais pesante et raconte avec simplicité la manière dont des vies peuvent être emportées par la situation plus large d’un pays au bord de la faillite, prises dans le piège de culpabilités héritées et de rêves impossibles. (Nathalie)

 

JUIN 17

 

S’émerveiller

Belinda Cannone - Stock

Pour Belinda Cannone, la société vit actuellement une forme d'enténèbrement. C'est pourquoi elle nous propose de tenter de retrouver les petits bonheurs simples de la vie, ceux qui ne sont pas grand-chose mais qui pourtant nous réjouissent, bref, elle nous invite à nous émerveiller d'avantage... Sous la forme d’une promenade méditative plus que d’une réflexion méthodique, la romancière et essayiste réveille le sens et les saveurs de l’émerveillement, avec sensibilité, comme une invite à quelques efforts de concentration à nous détacher de nous-mêmes pour mieux se connecter aux autres. Des photographies en noir et blanc ponctuent l’ouvrage et laissent infuser lentement l’émotion. Laissez-vous aller, c’est délicieux ! (Nathalie)

     

Mai 17

 

Je me souviens de tous vos rêves

 René Frégni - Gallimard

Plutôt spécialiste du roman noir, l’auteur nous livre ici quelques souvenirs avec un certain sens du merveilleux dégraissé de toute mièvrerie. René Frégni est un auteur rare, discret, qui mérite que l’on découvre son écriture toute en retenue, son regard profondément humain, la lumière qui éclaire ses descriptions des paysages de sa Haute-Provence. Ses mots infusent comme un breuvage apaisant. Quand il évoque la douceur de septembre, un muret de pierres entre des figuiers, la nécessité d'écrire pour se sentir vivant, il nous transporte avec délicatesse. L’émotion surgit et nous cueille, le sourire aussi quand il confesse son amour immodéré des belles poitrines…Ce n’est pas un écrivain « mondain », il préfère les malfrats et les voyous, ceux des Baumettes pour qui il animait des ateliers d’écriture. Il marche et noircit des pages de cahier dans les collines chères à Giono, à même la nature, et la parenté s’affirme comme un hommage humble. Coup de cœur et coup au cœur ! (Nathalie)

     

 

 

Dans la forêt

Jean Hegland - Gallmeister

Publié il y a 20 ans aux Etats-Unis mais traduit en France en 2016, ce roman semble venir du passé pour délivrer son message d’espoir. La famille qui vit dans une maison nichée au cœur d’une forêt dans la Californie du nord connait déjà l’isolement et une forme d’autarcie. Pourtant la vraie solitude, le dénuement, la survie surgissent dans le quotidien des deux filles orphelines lorsque la pénurie de pétrole, le fin de l’électricité et une sorte de catastrophe frappent le pays tout entier. On sait peu de choses sur le contexte et on est très vite happé par cette robinsonnade puissante, sensuelle où les odeurs, l’évocation de la nature semblent nous saisir tant l’écriture est quasi organique. Le lent apprentissage de Nell et Eva les conduira vers l’humilité, la force intérieure, tout autant que la recherche des ressources naturelles. Revigorant ! (Nathalie)

     

 Avril 17  

 

Le livre du HYGGE : Mieux vivre la méthode Danoise 

 

Meik Wiking - First éditions

Nous sommes tous à la recherche du bonheur, à la recherche d’une formule magique où d’un simple coup de baguette tous nos problèmes seraient résolus. Ce livre ne vous donne pas LA solution car pour un sujet si subjectif il ne peut pas y avoir de réponse toute faite. Néanmoins, Meik Wiking nous expose le mode de vie des Danois qui, selon les sondages et multiples études, sont les plus heureux du monde.
Alors, êtes-vous prêt à adopter la « hygge » attitude ?
Un retour à la simplicité, au vrai, au pur. Coup de cœur mérité ! (Audrey)

   

La Terre qui les sépare

Matar Hisham - Gallimard

Opposant au régime de Kadhafi, Jaballa Matar croit mettre sa famille à l’abri en Egypte. C’est depuis Le Caire qu’il mène sa rébellion. Mais les services secrets égyptiens le livrent à la Lybie en 1990 et les siens ne sauront plus rien de ce qui lui advient. Hisham a 19 ans lorsque son père disparait. En 2012, à la chute du régime, il a 42 ans et retourne en Lybie à la recherche de son père, de la vérité. Bien plus qu’un récit autobiographique, Hisham Matar tisse histoire politique et histoire familiale, questions intimes et interrogations métaphysiques dans ce livre profond. Sa quête, ses espoirs, ses désillusions deviennent les nôtres. Une lecture bouleversante, nécessaire, dure parfois, lumineuse aussi. Un grand livre ! (Nathalie)

 

Cartel

Don Winslow -Seuil

716 pages furieuses forment la suite, très attendue de La Griffe du chien. Une fresque monumentale, désespérée, sans concession qui dépeint la guerre au sein même de l’industrie de la drogue, la corruption, les tentatives de lutte…et le courage inouï de quelques individus qui osent se dresser contre cette violence. Entre 2004 et 2014, la barbarie semble ne plus avoir de limites au Mexique. Adan Barrera, El Patron, ennemi juré de Keller, se voit contester son hégémonie par les Zetas, encore pires que lui. Le Mexique est en plein chaos. L’écriture sèche, chirurgicale, bousculante aussi ne nous laisse aucun répit. Heureusement, certains personnages, lumineux, courageux nous permettent d’encaisser le choc. Ames sensibles s’abstenir, pour les amateurs c’est du grand roman noir ! (Nathalie)

   

L'amie prodigieuse : celle qui fuit et celle qui reste

Elena Ferrante - Gallimard

Dans le troisième volet de cette prodigieuse saga napolitaine, Elena et Lila ont la trentaine. Les années 68-70 sont celles des luttes ouvrières, des années de plomb en Italie, celles du féminisme aussi. Après son mariage désastreux Lila est ouvrière et paie durement sa liberté. Elena a réussi ses brillantes études, publie son premier roman qui lui vaut un joli succès, elle s’apprête à se marier avec un professeur d’université et prépare son installation à Florence. La maternité, le mariage seront le ferment de sa réflexion sur la place des femmes dans la société, sur leur sexualité, sur ses doutes. Comme depuis le début, l’écriture charnelle, les situations tour à tour cruelles et tendres, les personnages nous attachent à ce récit. Elena Ferrante souffle le chaud et le froid, analyse sociale et plongée intimiste avec brio ! Vite la suite et fin ! (Nathalie)

   

Manuel d'exil : comment réussir son exil en trente-cinq leçons

Velibor Colic - Gallimard

né en Bosnie en 1964, Velibor Colic arrive à Rennes en 1992 avec le statut de déserteur d’une guerre et d’une armée bosniaque dans lesquelles il a été enrôlé qu’il a fui de toute son énergie. Avec une forme de dérision et de tendresse l’auteur nous parle de son arrivée en France, de sa survie, et se moque aussi de son lecteur, car des 35 leçons annoncées, point ! Velibor s’accroche à son rêve d’écriture, aujourd’hui il habite cette langue française qu’il ne comprenait pas. Son récit résonne avec justesse en ces temps où de nombreux réfugiés sont sur les routes, en quête d’une vie loin de la misère, de la violence. Sa fantaisie poétique fait mouche, son histoire singulière nous touche. (Nathalie)

   

L’Homme qui tua Lucky Luke

Matthieu Bonhomme - Dargaud

Proposition intéressante de Matthieu Bonhomme, « L’Homme qui tua Lucky Luke » aborde les origines du cowboy solitaire et réponds à quelques questions que nous nous sommes tous posées, mais que je ne dévoilerai pas, afin de vous laisser la surprise. Bande-dessinée fidèle au cow-boy légendaire, jamais sans son révolver et son cheval… A moins que…
Coup de cœur mérité ! (Audrey)

   

Mars 17

 

Aquarius

Kleber Mendonça Filho

Sublime portrait de femme qui décide de se battre pour vivre sa vie comme elle le désire. Elle réside dans l’immeuble l’Aquarius, qui longe une plage réputée. Un promoteur immobilier puissant rachète tous les appartements mais elle refuse de vendre le sien. De là, ses souvenirs remontent et nous assistons à tous ses combats, en alternance avec celui qu’elle livre contre ce géant de l’immobilier.
Un bijou de réalisme, véritable coup de cœur. (Audrey)

 

The girls

Emma Cline - Table ronde

Pour son premier roman, l’auteure américaine s’inspire d’ un fait divers sanglant perpétré par les filles du clan de Charles Manson, responsable des terribles meurtres qui eurent lieu durant l’été 1969 à Los Angeles, dont celui de l’actrice hollywoodienne Sharon Tate, épouse de Roman Polanski. Cependant, Emma Cline ne se limite pas à cette histoire et réussit à élargir son propos. Elle interroge donc ce mal-être adolescent, décortique les mécanismes de séduction, manipulation par la voix d’Evie Boyd, personnage fictif. Evie a 14 ans lorsqu’elle rencontre la bande de Russell et se laisse happer. Elle est une femme adulte, un peu usée lorsqu’elle raconte cet été-là. La force et la puissance de ce roman sont liées à la plongée immersive dans l’intimité de ces jeunes filles, un portrait fin et cruel, une proposition sensible, loin du sensationnel. Une auteure à suivre, assurément ! (Nathalie)

   

Les voyage d'Ulysse

Emmanuel Lepage - Editions Daniel Maghen

L’album n’est surtout pas une adaptation littérale de l’Odyssée et même s’il contient quelques extrait de l’épopée d’Homère (sur papier calque), c’est surtout un récit d’aventures poétique dont les illustrations, magnifiques, subliment l’histoire de Salomé, capitaine de navire en quête de rédemption. Salomé est à la recherche d’un peintre, Ammôn Kasacz. A bord de son navire, l’Odysseus, elle embarque Jules Toulet, peintre obscur de la fin du XIXe siècle ayant perdu sa muse, Anna. Le coeur dévasté, les poches vides, il détient un carnet ayant appartenu à Ammôn et peut donc aider Salomé. Commence alors un périple géographique, artistique et introspectif. Bercée toute son enfance par la lecture de l’épopée d’Homère dont sa mère raffolait, Salomé finira par devenir une Ulysse des temps modernes. Audace, maîtrise, beauté nous saisissent, on est pris dans les filets de l’histoire, porté tendrement vers les personnages dans cette oeuvre magistrale ! (Nathalie)

 

 

Février 17

 

La Vie des mini-héros

Olivier Tallec - Actes Sud junior

Pas facile tous les jours d’être un mini héros ! La météo, les rapports avec les autres, les risques qu’ils prennent… On ne se rend pas compte du quotidien de nos supers-enfants. Heureusement, le talent et l’humour d’Olivier Tallec sont là pour nous le rappeler. (Stéphanie)

 

 

Cinéma 2 : 100 strips à décrypter

Martin Sztajman - Cambourakis

 Vous êtes incollables sur les répliques de films, alors saurez-vous relever un nouveau défi en devinant ces 100 strips qui représentent chacun des films cultes. Ouvrez l’œil…(Stéphanie)

 

 

 L'incroyable histoire de l'avion solaire : Bertrand Piccard et André Borsherg

Johanne Bernard - La Martinière jeunesse

Solar Impulse a réussi l’exploit de faire le tour du monde grâce à l’énergie solaire et à ses deux « héros-pilotes », Bertrand Piccard et André Borschberg. Ces derniers nous donnent une belle leçon de vie : croire en ses rêves pour innover et faire changer le monde. (Stéphanie)

  

Aquarium
David Vann - Editions Gallmeister

Caitlin, douze ans, vit seule avec sa mère, Sheri, dans une banlieue pauvre de Seattle. Le quotidien est rude, Sheri travaille sur le port à conteneurs, elle est manutentionnaire. Son travail est physique, harassant et peu rémunérateur, mais c’est une coriace ! Chaque jour, après l’école, Caitlin se rend à l’aquarium pour attendre sa mère. Elle en connait chaque recoin, chaque pensionnaire. C’est là qu’elle échappe au gris de sa vie. Un jour, elle fait la connaissance d’un vieil homme aussi passionné qu’elle. Ils se lient d’amitié et Caitlin aime encore plus venir à l’aquarium ! Lorsque sa mère découvrira l’identité de son nouvel ami, le passé resurgira avec violence. D’une écriture poétique et puissante, David Vann nous entraîne dans ce huis clos familial avec, pour la première fois dans son oeuvre, une percée vers la lumière, la légèreté, le droit à l’enfance et à la rédemption. Une fable magnifique ! (Nathalie)

  

Sans aller à l’école, je suis devenu mangaka

Syoichi Tanazono – Editions Akata 

Je vous invite à découvrir cette œuvre qui est un premier manga en un volume. Manga semi-autobiographique, Syoichi Tanazono raconte avec justesse les ravages de la phobie scolaire mais surtout il apporte un message d’espoir pour tous ceux qui ne se sentent pas « normaux », dans notre société très codifiée. Humour, colère, peur et courage… A dévorer de toute urgence ! J’attends avec impatience un nouveau manga de cet auteur ! (Audrey) 

   

Marcus Malte

Le garçon - Editions Zulma

Le héros est muet, sauvage mais c’est pourtant lui qui nous entraîne dans cette épopée de 500 pages qui racontent le premiers tiers du XXe siècle. Il a soif d’apprendre, de vivre, d’aimer, il est à lui seul, le représentant de l’humanité. La scène inaugurale du roman nous laisse en suspension : que va devenir ce gamin perdu ? Le récit devient alors trépidant, haletant, épique ! Marcus Malte nous prend aux tripes, nous plonge dans une fresque historique, un roman d’amour sublime avec lyrisme. Le garçon sera nommé Félix par son amoureuse, devient Mazeppa dans le bruit et la fureur de la guerre. L’écriture charnelle de l’auteur, le souffle, le rythme et la poésie laissent peu de répit au lecteur. Du grand art ! Couronné par le prix Fémina 2016. (Nathalie)

   

Camille Labro

Fourche et fourchette - Tana éditions

Au carrefour du reportage documentaire et du livre de cuisine, ce magnifique ouvrage rassemble les portraits de vingt-six paysans et leurs recettes authentiques et délicieuses, confectionnées avec leurs produits et leur savoir-faire. Illustré par les photos de Juliette Ranck, préfacé par Cyril Dion, c’est un livre gourmand, joyeux, tout à la fois réaliste et optimiste. C’est aussi une invitation à réfléchir sur les modèles que nous voulons défendre pour conjuguer nécessité et plaisir de nourrir l’humanité sans gâcher l’avenir. (Nathalie)

   

Négar Djavadi

Désorientale - Editions Liana Levi

Kimiâ Sadr poireaute depuis des heures dans la salle d’attente du service de procréation médicalement assistée de l’hôpital Cochin, à Paris. C’est là qu’elle commence à se rappeler toutes les histoires rocambolesques liées à sa lignée ¬familiale et à son pays d’origine, l’Iran .Cadette de trois filles dans une famille unie et aimante, la jeune Kimiâ voit assez tôt sa vie basculer quand son père, Darius, entre en politique avec une lettre virulente à l’égard du Shah. Comme il ne sera pas plus tendre à l’égard de Khomeiny, après des années de cachette et de profil bas, la famille sera bientôt obligée de partir pour Paris… Et l’on plonge à notre tour dans les fils de cette saga familiale où se mêlent l’amour, la peur, le courage…Une écriture nerveuse, rythmée, à vif qui nous happe. Négar Djavadi évite tous les écueils et signe un grand premier roman sur l’exil avec sensibilité, originalité et humour. (Nathalie)

   

Décembre 16

 

 

Continuer

Laurent Mauvignier

C’est dans les montagnes d’Asie centrale, au Kirghizstan, que Sibylle décide d’emmener son fils, Samuel, adolescent égaré dans l’intolérance et la délinquance. Un voyage comme ultime tentative de sauvetage. Sibylle a raté sa vie et l’on comprendra au fil du récit la raison de sa chute, mais la force qui la pousse dans cette cavale sauvage et rude est celle de l’amour d’une mère. Car envers et contre tout, il faut continuer. L’écriture splendide, vibrante d’émotion de l’auteur étincelle ce récit d’aventure et d’amour. Au plus près de la nature, dans le souffle des chevaux, Sibylle et Samuel réussiront-ils à renouer ? Il ne faut rien dévoiler de ce roman sublime qui résonnera encore longtemps après la lecture… Laurent Mauvignier confirme à nouveau quel grand écrivain il est ! (Nathalie)

  

 

Sur cette terre comme au ciel

Davide Enia

Davidù, neuf ans, orphelin de père s’entraîne sur un ring de boxe dans la salle de son oncle, Umbertino. Nous sommes à Palerme dans les années 80. Davidù apprend la boxe et la vie en se confrontant à la rue mais surtout à l’histoire des hommes de sa famille : Rosario, le grand-père taiseux, Umbertino, l’oncle jouisseur, bagarreur et présent à ses côtés, la figure de son père qu’il n’a jamais connu, Le Paladin, tous boxeurs, tous victimes de la même malédiction familiale : perdre en finale… Les femmes comptent aussi, sa grand-mère qui lui a appris le latin dès son plus jeune âge et Nina, la fille qu’il aime depuis son enfance. Il y a bien quelques écueils dans la construction narrative de ce premier roman et on peut se perdre au début de l’histoire de cette filiation sur des périodes différentes mais le récit gagne en force au fur et à mesure, les personnages sont attachants et Davide Enia livre un récit initiatique dense et rythmé, d’une puissance poétique incontestable. Un auteur à suivre donc ! (Nathalie)

  

La succession

Jean-Paul Dubois

Dans la famille Katrakilis, les héritages sont plutôt lourds... On peut qualifier les membres de la famille de dingues, tous porteurs d’une mémoire souvent tragique. Le dernier, Paul a décidé de fuir la maison toulousaine familiale, de refuser de prendre la suite de son père, médecin généraliste, pour assouvir sa passion de la pelote basque à Miami. L’annonce du suicide de son père va le ramener dans la demeure familiale, pleine des secrets de toute la lignée. Paul avait fui le climat pesant, les incompréhensions accumulées et va découvrir une facette de la personnalité de son père totalement ignorée. L’écriture est toujours aussi alerte, mais le ton ici est plus nostalgique. Jean-Paul Dubois nous parle de la perte et de la difficulté de vivre de manière bouleversante. On s’attache au personnage, trébuchant sans cesse, on sourit parfois et on se laisse avoir par la gravité qui nous rattrape... On sort de cette lecture ému, profondément. Un grand cru ! (Nathalie)

  

 

La griffe du chien

Don Winslow

Âmes sensibles s’abstenir, et pourtant il s’agit bien là d’un monument. Presque huit cent pages de plongée en enfer pour disséquer le rôle des gouvernements américains successifs dans la répression sanglante des mouvements pro communistes en Amérique centrale dans les années 70 et surtout 80. Winslow sonde les arcanes du mal et balaie avec furie l’histoire du narco trafic. La corruption à tous les étages, la toute-puissance des seigneurs de la drogue, la violence et la cruauté nous sont racontées avec souffle. Les personnages ne sont absolument pas manichéens et la construction impeccable. Art Keller, flic prêt à tout pour gagner sa guerre contre les cartels et les frères Barrera, croyant régner sur le monde, nous entraînent sur près de 25 années de lutte, de violence, de retournements... Une œuvre magistrale, époustouflante, dure... reconnue comme un chef d’œuvre ! (Nathalie)

 

 

Pereira prétend

Pierre-Henry Gomont

Journaliste au quotidien Le Lisboa, Pereira s’occupe de la page culture. En pleine dictature salazariste au Portugal, la censure veille et mieux vaut ne pas faire de vagues. Catholique fervent, féru de littérature française, il est calme et posé. Veuf depuis que sa femme est décédée de la tuberculose, il vit dans le passé et une douce nostalgie. Sa rencontre avec un jeune homme épris de liberté et son amie farouchement engagée, va peu à peu le faire sortir de sa léthargie. Pierre-Henry Gomont a choisi d’adapter le roman éponyme d’Antonio Tabucchi, une œuvre emblématique de la résistance au totalitarisme. Empreint d’humour caustique et de tendresse, l’album nous baigne dans une forme de contemplation trompeuse. Les couleurs alternent entre le chaud et le froid, l’azur du ciel et la lumière inondant Lisbonne et nous rapprochent avec finesse de l’introspection du personnage. Pereira quitte lentement la lourdeur de sa vie. Une magnifique peinture de la nature humaine, un personnage touchant, une réflexion profonde, bref une totale réussite ! (Nathalie)

 

S'enfuir : récit d'un otage

Guy Delisle

Membre d’une ONG, Christophe André est kidnappé lors de sa première mission humanitaire en Tchétchénie, en 1997. Sa captivité durera 111 jours. Le roman graphique signé par Guy Delisle est le témoignage de cette détention arbitraire, une plongée dans les doutes, les pensées de cet homme qui résistera au vide de son quotidien en se remémorant les grandes dates des batailles napoléoniennes. D’une très grande sobriété et sensibilité, les cases développent un suspense sur plus de 400 pages, un véritable tour de force car la monotonie et la lassitude sont omniprésentes. Magnifique ! (Nathalie)

 

 

Novembre 16

 

Le nouveau nom

Elena Ferrante

Dans cette suite de l’Amie prodigieuse, nous retrouvons Lila Cerullo et Elena Greco avec bonheur ! Lila se marie avec Stefano, un homme dont elle comprend, dès le premier soir, qu’elle n’aurait jamais dû l’épouser. Elena décide de poursuivre ses études. A chacune sa méthode pour échapper à la soumission patriarcale et à la pauvreté des bas quartiers. Car dans la ville de Naples des années 60, difficile de se soustraire au déterminisme social. La mystérieuse Elena Ferrante, nul ne sait qui se cache derrière ce pseudonyme, nous prend dans les filets de cette saga romanesque lumineuse, sensible et l’on s’attache aux deux jeunes héroïnes. Son écriture charnelle décrit avec précision et grâce les destins croisés des deux amies avec leur lot d’amour, désamour, jalousies, retrouvailles...L’auteure a prévu quatre tomes, à quand le troisième volume ? (Nathalie)

  

Station eleven

Emily St John Mandel

Tout commence par la mort brutale, sur scène, d’un acteur célèbre en pleine représentation du Roi Lear. Dans le même temps, une grippe venue de Géorgie fait ses premières victimes. La pandémie se répand à une vitesse vertigineuse... Quel lien entre ces deux faits ? On le découvrira tout au long de cette histoire savamment construite possédant tous les codes de l’anticipation et du roman post-apocalyptique, mais pas que. Que resterait-il de notre espèce si nous étions forcés de retourner à l'âge de pierre ? C'est la question que pose Station Eleven. Parce que survivre ne suffit pas, la jeune auteure canadienne postule qu'il reste au moins la mémoire du meilleur de la création artistique. Vingt ans après l'épidémie, une troupe théâtrale, La Symphonie itinérante, parcourt des kilomètres pour jouer Shakespeare et Beethoven... L’art comme mécanique de survie... Un récit captivant ! (Nathalie)

 

Petit pays

Gaël Faye

Ecrit à hauteur d’enfant, ce premier roman fait resurgir les souvenirs d’une enfance à Bujumbura, au Burundi, dans les années 90. Gaby est le fils d’un français et d’une rwandaise, d’origine tutsi. Il habite dans un quartier privilégié et mène une vie heureuse, joyeuse avec ses copains. Gaël Faye, compositeur et chanteur de rap, exalte avec délicatesse les odeurs, les sensations, la lumière, toutes les émotions de ce petit garçon avant que les bouleversements de l’Histoire ne brise à jamais son insouciance. Dans le chaos et les violences qui s’enchaînent, le seul refuge possible devient alors les livres qu'une voisine d'origine grecque lui prête le long des mois de carnage. Une bouffée d'oxygène, de liberté et d'évasion. Sans doute ce qui permettra au protagoniste, une fois adulte, de raconter cette histoire. Poésie, tendresse, douceur donnent à ce livre toute la force et la puissance pour évoquer à la fois le paradis perdu et la destruction. Une pépite ! (Nathalie)

 

La double vie de jésus

Enrique Serna

Jesùs Pastrana est commissaire aux comptes à la mairie de Cuernavaca, Mexique. Gangrénée par la corruption, les cartels et la violence, la cité n’est pas un modèle de tranquillité… Jesùs, lui, est un fonctionnaire intransigeant sur l’honnêteté et n’a de cesse de faire valoir ses idéaux de légalité et de justice. Pas facile quand tout le monde se laisse acheter…, encore moins lorsque l’on décide de se présenter aux élections municipales avec l’envie de faire le ménage…, quasi suicidaire lorsque l’on vit des amours sulfureuses. Enrique Serna mêle avec brio satire politico-sociale et histoire passionnelle. Dans une langue et un rythme furieux, il conjugue humour féroce et tragédie et nous livre une fresque impertinente et intelligente ! (Nathalie)

 

Berlin 49

Joseph Kanon

 Alex Meïer a fui l’Allemagne nazie dans les années 30, il valait mieux pour ce scénariste, juif et communiste se réfugier en Californie... Pas de chance, quelques années plus tard, le voilà victime de la chasse aux sorcières diligentée par le fameux MacCarthy. Le FBI entre en jeu et lui propose un marché : rentrer à Berlin, infiltrer les « Rouges » pour rapporter de précieuses infos et pouvoir gagner son billet de retour chez l’oncle Sam. En janvier 49, Berlin est un champ de ruines, le mur n’est pas encore construit et Alex Meïer est accueilli en héros, auréolé de son talent d’écrivain. Joseph Kanon signe un roman d’espionnage magistral au coeur d’une époque trouble parfaitement restituée. Ne vous laissez pas refroidir par le classicisme de l’écriture et le brin de lenteur du début, c’est un futur classique du genre ! (Nathalie)

 

Octobre 16

Haut-domaine

Dan O'Brien

Il s’agit de nouvelles qui parlent de pêche, de chasse, de tétras à queue fine, de phoques et d’oies sauvages, dans la pure tradition du Nature writing. Le talent, l’écriture épurée, l’humanité des personnages de l’auteur vous attrapent immédiatement, même si vous n’êtes pas un passionné de pêche ou spécialiste des oies sauvages... Car, avec une extrême sensibilité, Dan O’Brien nous parle du sens de la vie par le biais d’une ode à la nature et à la vie animale. (Nathalie)

 

 Le reste de leur vie

Jean-Paul Didierlaurent

Les destins de personnages gentils se croisent sans mièvrerie dans ce nouvel opus de l’auteur du Liseur du 6h27. Manelle, jeune aide à domicile, aime son métier et les personnes âgées qu’elle accompagne, même un vieux grincheux qui n’a de cesse de la coincer pour vol… Ambroise, lui, a choisi un métier parfois difficile à assumer, thanatopracteur. Il ne supporte pas la douleur des vivants et soigne avec délicatesse les morts. Écrire un livre sur la maladie, la vieillesse et la mort sans tomber dans le pathos n’est certainement pas chose aisée. Jean-Paul Didierlaurent s’en sort plutôt bien avec ce conte moderne qui donne envie de sourire, de vivre… Dans la veine des livres qui font du bien mais qui donnent aussi à réfléchir, ne boudez pas votre plaisir ! (Nathalie)

 
Rentrée 16  

L'amie prodigieuse

Elena Ferrante

L’amie prodigieuse, c’est Lila, qui fascine la narratrice dès son plus jeune âge- une gamine effrontée, redoutablement intelligente, d’un quartier pauvre de Naples. Lila et Elena sont toutes les deux intelligentes, une intelligence éhontée dans un quartier populaire comme le leur à cette époque, les années 50-60. Pourtant l’institutrice ne pourra faire céder les parents que d’une seule au caprice d’aller jusqu’au collège : c’est Elena, la narratrice. Lila, elle, se met à travailler dès l’école terminée. L’ambition de Ferrante n’est rien de moins que d’écrire la vie d’une femme de son enfance à ses soixante-dix ans. Ce volet est donc le premier tome de cette histoire. Un roman d'apprentissage riche et passionnant de bout en bout qui traite aussi bien de l'amour, de l'amitié, de la condition des femmes, de l'ascension sociale, de l'âpreté de la vie... Des portraits touchants et terriblement attachants portés par une écriture vivante et étoffée. Une fresque haute en couleurs qu'on a un mal fou à quitter...heureusement la suite existe... (Nathalie)

 

Le plus et le moins

Erri de Luca

Dans ce recueil de textes, certains très brefs, on retrouve la vivacité, la sensualité, toutes les vibrations de l’écriture d’Erri de Luca. Nouvelles, récits, poèmes…sont autant de petits cailloux qui semblent vouloir dessiner le parcours de l’écrivain autodidacte, militant, lecteur passionné. Dès le début du livre sont posés les fondements de sa vie : résistance et écriture. Impossible de décrire davantage le voyage passionnant qu’offre la lecture de cet opus qui éclaire l’œuvre, la vie de cet homme à la pensée généreuse, fraternelle qui entrouvre avec tendresse et pudeur une part d’intime en atteignant l’universel... Une merveille ! (Nathalie)

 

 

La terre des Wilson

Lionel Salaün

Oklahoma, printemps 1935, juste avant le « Black Sunday », la pire des tempêtes de sable qui ravageaient et asséchaient les terres au point de faire fuir les fermiers exsangues. Samuel Wilson, lui, n’a pas fui, pas question de quitter cette terre sur laquelle il sue sang et eau depuis toujours. Un teigneux, Samuel. Son cœur est sec comme sa terre. Sa rage, il la passe sur sa femme, son fils, sa mule, à grands coups. Jusqu’à ce jour où, frappant tellement fort, il manque de tuer son fils, Dick, juste arrêté à temps par sa femme qui s’enfuie avec son môme. Quinze années ont passé et voilà que Dick revient, bien fringué, dans une voiture flambant neuve, riche…et surpris de retrouver son amour de jeunesse, Annie Mae, dans la maison de son enfance, avec une petite fille, sa jeune sœur… Lionel Salaün, français, signe un troisième roman brûlant et nous plonge instantanément dans l’atmosphère du pays à cette époque. Il brouille les pistes à merveille en mêlant récit familial, histoire d’amour perdu et roman d’ascension sociale en pleine période de Dépression et nous tient en haleine jusqu’au bout ! A lire d’une traite ! (Nathalie)

  

La Légèreté

Catherine Meurisse

Depuis votre tendre enfance, vos parents ont déjà dû vous le répéter plus d’une fois : « Quand on ne sait pas, on se tait ». Catherine Meurisse elle, elle sait, et elle a bien fait de le raconter à travers cette bande-dessinée au combien touchante. Elle a vécu de l’intérieur les terribles attentats qui ont frappé Charlie Hebdo, puisqu’en effet, Catherine Meurisse est une dessinatrice du journal satirique, ou devrais-je dire, une ex-dessinatrice. Elle raconte LA journée, CETTE journée et surtout ce qu’elle a ressenti, comment elle a tenté de continuer. Elle exprime aussi la violence que les réactions, qui se voulaient réparatrices, ont suscitées chez elle et chez tous ceux qui connaissaient vraiment Charlie, de l’intérieur. Puis le « après », le chemin qu’elle a parcouru, toutes les étapes de deuil pour retrouver la légèreté avec laquelle elle rythme son quotidien. Néanmoins, ne vous y méprenez pas, nous ne sommes pas vraiment dans le pathos, pas uniquement dans la détresse et dans la lourdeur du chagrin, cette BD est aussi remplie d’humour et d’autodérision, puisqu’au fond, cette femme aime le rire, sinon elle n’aurait pas connu Charlie de si près. (Audrey)

 

Le Grand marin

Catherine Poulain

Lily a soif d'aventure, elle veut quitter la France à tout prix. Laissant tout derrière elle, la voilà traversant les Etats-Unis pour rejoindre l'Alaska. Sans papiers, sans expérience aucune, elle veut s'embarquer sur un bateau pour la pêche. A Kodiak, la vie est rude, mais elle réussit à se faire embaucher et embarque sur le Rebel pour une campagne de pêche à la morue noire. Par la force de cette écriture vibrante, on embarque aussi ! Les vagues puissantes, le capitaine rugissant, les conditions de travail qui repoussent toutes les limites, le corps qui souffre, Lily surmontera tout et finira par se faire accepter, respecter dans ce monde d'hommes. Plusieurs campagnes de pêche se suivent et la petite française, le moineau comme ils l'appellent, s'endurcit, même si son cœur vibre pour le grand marin... Catherine Poulain vit désormais en France d'où elle écrit ce premier roman puissant, inspiré de sa propre vie. La force, la fougue, la liberté soufflent tout au long de ces pages ! Prêts à larguer les amarres ? (Nathalie)

 

Suicide Squad

Federico Dallocchio (dessinateur), Adam Glass (scénario)

Condamnés à passer le restant de leurs jours en prison, les supers vilains des DC Comics acceptent de s'associer au gouvernement pour une mission suicide afin d'obtenir leur liberté, enfin c'est ce qu'ils pensent... Retrouver Harley Queen, King Shark, El Diablo, Deadshot et tant d'autres dans ce Comic trépidant à dévorer sans modération ! (Audrey)

 

 

A vol d'oiseau

Craig Johnson

Walt Longmire, loin de sa juridiction, est en plein territoire indien avec son ami Henry, alias La Nation  Cheyenne, en quête d'un lieu propice pour les noces prochaines de sa fille. Le site voulu par Cady n'est pas disponible donc les deux hommes se rendent dans une clairière pour vérifier si cela pourrait convenir. Ils sont témoins d'une chute vertigineuse depuis le sommet de la colline : une femme portant un bébé s'écrase au sol. Le bébé sera sauf mais pas la mère. La rencontre avec la chef de police tribale sera pour le moins houleuse, mais Longmire acceptera tout de même de l'aider dans cette enquête puisque les premières constatations révèlent qu'Audrey ne s'est pas suicidée... C'est un plaisir de retrouver le Shérif et son pote Henry au cœur de la Réserve dans ce huitième opus. On retrouve l'humanité des personnages, l'humour finement distillé et une peinture sociale juste sans misérabilisme. On ne se lasse pas ! (Nathalie)

Les Maraudeurs

Tom Cooper

En plein cœur du Bayou, à Jeannette précisément, dans la Louisiane meurtrie d'après Katrina, quelques paumés, survivants, pêcheurs de crevettes naviguant dans les cloaques de la marée noire sont les personnages de ce premier roman. La catastrophe écologique est en train d'achever les ravages de l'ouragan, de l'alcool, de la drogue, le bled semble réellement en sursis. Wes Trench et son père, crevettier sont touchés de plein fouet, Linquist pêcheur manchot, fou de chasse au trésor, se damnerait pour dégotter le magot, les frères Toup, eux cultivent de la marijuana et gare à ceux qui s'approchent de leur île... Les égarés du coin, Hanson et Cosgrove pourraient bien s'en mordre les doigts... La peinture sociale est noire et ce coin de Louisiane peu engageant, peuplé de barjots désespérés. Pourtant l'humour et la ténacité de certains à rêver d'une vie meilleure laissent poindre quelques lueurs d'espoir. Un nouvel auteur américain à suivre ! (Nathalie)

 

Un roman anglais

Stéphanie Hochet

L'histoire débute en 1917 dans un cottage du Sussex où vivent Edward, horloger, et Anna sa femme, traductrice. Une vie de petits bourgeois dans ce début du XXème siècle, une ambiance feutrée malgré la guerre qui fait rage et qui modifie quelque peu le quotidien du couple. Ce qui les préoccupe alors c'est de trouver une nounou pour leur fils de deux ans, Anna veut reprendre ses travaux de traduction. Une certaine George répond à l'annonce. Persuadée d'avoir embauchée une femme, Anna est surprise de découvrir un jeune homme à la descente du train. Il va pourtant faire l'affaire, s'occupant formidablement bien du petit Jack mais apportant une forme de trouble dans le foyer. L'écriture tout en finesse de l'auteure française dépeint à merveille l'époque et l'ambiance, dresse aussi un beau portrait de femme sans tomber dans la facilité du trio classique. Un roman "Victorien" délicat, une romancière à découvrir. (Nathalie)

 

 

Sens dessus dessous

Milena Agus

Tout se passe dans le même immeuble de la petite ville sarde Cagliari où vivent des personnages fantasques, rocambolesques comme souvent dans les romans de Milena Agus. A l'entresol vivent Anna et sa file Natasha. Anna, éternelle amoureuse qui rêve de vivre à l'étage du dessus avec Mr Johnson, violoniste célèbre, personnage lunaire. Au premier étage, la narratrice, Alice, écrivain, jeune femme esseulée qui se trouve ici une famille à son goût. Sous la plume douce aguicheuse de l'auteure Sarde, se déploie tout un monde avec les histoires d'amour, d'amitié d'une comédie très humaine. Le soleil inonde la mer et la vie scintille, comme tout au long de ces pages ! (Nathalie)

 

   

Août 16

Les vieux fourneaux, tomes 1 à 3 

Lupano et Cauuet

Trois septuagénaires, amis d'enfance, de luttes syndicales et de coups de gueule  en tous genres... se retrouvent aux obsèques de Lucette, la femme d'Antoine. Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur le 3ème , 4ème âge ! Si vous ne riez pas à vous déboîter les gencives à la lecture de cette BD multi récompensée et bien dommage...  Car  les poilantes aventures de Pierrot, Mimile et Antoine devraient être remboursées par la sécu ! Une comédie sociale sans faille, d’une grande sagacité et d’une drôlerie irrésistible. Le scénario comme le dessin sonnent juste, les personnages sont attachants, émouvants et nous ragaillardissent, bref, un classique déjà ! A ne surtout pas rater. (Nathalie)

 

 
 

Juillet 16

Alice au pays des singes t1 et t2 :

Tébo et Nicolas Keramidas

 

C’est un plaisir de retrouver Alice, petite blonde à robe bleu. Une fois encore, elle est plongée dans un monde bien étrange : le pays des singes. Tout le monde l’appel « Tarzan », l’ennui c’est qu’elle ne sait pas qui elle est. Accompagnée d’un mandrill aussi sympathique que malpoli, Alice tentera de retrouver son chemin. Inspiré du roman de Lewis Carol et de son personnage mythique, Tebo et Kermidas offrent une perspective intéressante et drôle. Premier tome d’une série qui s’annonce pleine d’humour et de rebondissements. (Audrey)

   

Retour à Oakpine

Ron Carlson 

Oakpine est une petite ville un peu terne malgré les paysages somptueux du Wyoming, une ville qu’adolescent on ne souhaite que quitter. Jimmy revient après 30 ans et une carrière d’écrivain. Malade du sida, il n’a d’autre choix que celui de revenir chez ses parents, enfin, dans le garage retapé pour l’occasion. On comprendra au fur et à mesure les raisons de sa fuite précipitée, de sa rupture avec son père… Jimmy retrouve ses anciens amis du lycée et tous les souvenirs de leur jeunesse insouciante. Sous la banalité du quotidien de ces retrouvailles de quinquagénaires se niche une histoire lumineuse, chaleureuse. Ici l’amitié, la solidarité ne font pas dans la grandiloquence mais dessinent une humanité forte, heureuse qui fait du bien. Les personnages émouvants et tendres nous sont très vite proches et la lecture est passionnante ! (Nathalie)

Mai 16

Civil War 

Pendant la sortie du film « Captain America : Civil War », l’équipe de la médiathèque vous invite à découvrir ou redécouvrir, son origine avec le Marvel Comics « Civil war ». Deux camps s’affrontent ! Entre préserver leur identité contre l’avis du SHIELD ou dévoiler au monde qui ils sont réellement, les héros doivent choisir. Cela ne sera pas sans conséquences… Bonne lecture ! (Audrey)

    

Pan 

Joe Wright

Vous connaissez tous l’histoire de Peter Pan, une version ou une autre… « Peter Pan » roman original de J.M Barrie, «Peter Pan» le film d’animation de Walt Disney ou encore le film «Hook» avec ce grand acteur : Robin Williams ! Mais « Pan » est différent, il amène un tout autre angle de vision. Réalisé avec majestuosité, laissez-vous emporter au pays imaginaire qui est loin de ressembler à un conte de fée, quoi que… (Audrey)

 

   

La quête de Wynne

Aaron Gwyn

En pleine bataille sur le front irakien, Elijah Russell, soldat américain, se lance instinctivement dans le sauvetage d'un cheval pris entre deux feux. La vidéo de son exploit fait le tour du Net. Il devient une sorte de héros. Il est surtout repéré par le capitaine Wynne : Russell est envoyé en Afghanistan dans l'unité de commando dirigé par ce capitaine atypique, légendaire, s'affranchissant souvent des règles de l'armée ... Là on lui confie le dressage de chevaux pour une mission spéciale dont il ignore tout. Impressionné par la personnalité de Wynne, Russell devra portant choisir ce qu'il est. Roman de guerre, d'aventures, western ... ou tout cela à la fois, La quête de Wynne est un grand livre porté par une écriture sans gras. Un souffle épique traverse ce roman noir, profond où alternent les scènes les plus violentes et les descriptions de paysages d'une beauté à couper le souffle. Les personnages sont fouillés, plein de contradictions, humains en somme. A découvrir absolument ! (Nathalie)

    

Mariage de saison

Jean-Philippe Blondel

Corentin, 27 ans, travaille avec son oncle : il est vidéaste de mariage. Un boulot saisonnier, qui l'accapare tous les week-ends et l'éloigne un peu d'une vie sociale, amoureuse épanouie. Car s'il sait bien filmer les amoureux et les noces, dans sa vie personnelle, c'est un peu brouillon. Les mariages sont autant de petites comédies humaines décrites sur un ton sucré-salé, une écriture pudique et cocasse parfois. On retrouve l'empathie de l'auteur pour ses personnages, sa petite musique à lui, on s'attache à Corentin. Un joli moment de lecture ! (Nathalie)

     

Avril 16 

 

Victor Hugo vient de mourir

Judith Perrignon

Au chevet du célèbre poète, sa famille, ses amis les plus proches, ses médecins tentent de repousser l'inéluctable. A la mort de Victor Hugo, tous les milieux sont en effervescence : les ouvriers, les anarchistes et tous les révolutionnaires, les politiques qui craignent quelques soubresauts, la police qui doit veiller ... Judith Perrignon signe une fresque historique qui rend compte de l'incroyable répercussion de la mort de l'écrivain dans la France du 19ème siècle. Ils seront près de deux millions à s'incliner devant son cercueil la veille de son enterrement, puisque le gouvernement a tout organisé un lundi afin d'éviter au maximum les débordements ... Le roman, solidement documenté, est palpitant à lire et résonne aussi comme une mise en garde contre toutes les formes d'instrumentalisation des grandes émotions collectives. Victor Hugo, toujours d'actualité ... (Nathalie)

      
 
Les Assassins
R.J. Ellory

Non, il ne s'agit pas du énième roman sur un abominable serial killer .... mais à nouveau, cet auteur anglais déploie son immense talent pour une plongée hallucinante au cœur de l’histoire des Etats-Unis. Ray Irving, flic new-yorkais, est confronté à la pire des enquêtes qu’il ait eue à mener : un individu s’ingénie à reproduire des crimes commis par les plus affreux des serials killers produit par l’Amérique depuis plusieurs décennies. Les meurtres s’enchaînent sans que la police ait la moindre piste. Ray Irving va se faire aider par un type étrange, John Costello, sorte d’enquêteur journaliste, possédant une mémoire hors norme et seul capable de faire les liens avec les crimes anciens. Costello a lui-même   échappé à l’un de ses monstres à l’âge de 17 ans. S’appuyant sur une très solide documentation, Ellory nous livre des personnages très fouillés, une intrigue haletante jusqu’à la dernière page. Il renouvelle complètement le genre et s’affirme comme l’un des maîtres actuels du polar !     (Nathalie)                                                                                                       

                                            

Mars 16

 
 

Pokey LaFarge

Something in the water.

 Avec son 7ème album « Something in the water », Pokey LaFarge rend hommage aux musiques populaires de sa région natale, le Midwest américain. Accompagné de musiciens du Wisconsin, de l’Illinois, de Chicago et de St Louis, le jeune  songwriter mélange, pour notre plus grand plaisir, le ragtime, le jazz primitif et le country-blues. Multi–instrumentiste et compositeur de talent, il  nous envoute avec sa musique délicieusement vintage. Un album qui swingue, à découvrir sans attendre ! (Géraldine)

     

 

En attendant Bojangles

Olivier Bourdeaut

Il souffle un air léger, plein de fantaisie, de rire à la lecture de ce premier roman délicieux ! Le narrateur est le fils admiratif d'un couple ayant définitivement choisi de tourner le dos à l'ennui ! Ils s'aiment follement, dansent chaque jour sur cette chanson de Nina Simone qui donne son titre au roman, font pétiller le quotidien.  Même si la réalité les rattrape, même si le tourbillon de la vie vire vers la folie, tout est prétexte à la poésie, à l'émotion la plus juste, du rire aux larmes dans l'écriture de ce jeune auteur. Couronné de trois prix littéraires, Olivier Bourdeau fait son entrée en littérature de belle manière et révèle aussi, enfin, le travail formidable de cette petite maison d'édition bordelaise, Finitude. Un vrai plaisir de lecture ! (Nathalie)

       

 

Ma vie à deux balles, génération débrouille 

 Sophie Brändströn et Mathilde Gaudéchoux

La génération Y, les moins de 30 ans, subit la crise de plein fouet. Alors pour se loger, s'alimenter, se cultiver ... ils ont des combines et font appel à l'économie collaborative. Ils tournent le dos à une société trop marchande pour développer, partager des valeurs d'équité, d'entraide, de créativité. Dans cet ouvrage très documenté, les deux journalistes dressent le portrait d'une jeunesse qui réussit en empruntant les chemins de traverse plutôt que les voies toutes tracées. Cela pourrait paraître utopique si concrètement de nouveaux modèles n'étaient pas en marche, comme l'ont constaté les deux auteures. Illustré de photographies, proposant fiches pratiques et bonnes adresses, écrit avec humour, c'est un livre optimiste, porteur d'espoir. Qui sait, vous pourriez même être tenté par la débrouille. (Nathalie)
 

      

Ils savent tout de vous

Ian Levison

On croit avec surprise, avoir affaire à une histoire d'anticipation : Snowe, flic dans le Michigan, se réveille un jour avec un don de télépathie. Surpris, il ne tarde pas à utiliser dans son travail et obtient des résultats siginficatifs ... Dans une prison d'Etat, Brooks Dennis attend dans le couloir de la mort. Mais ce tueur de flic possède lui aussi la capacité d'entendre les pensées d'autrui. Ces deux-là vont se rencontrer, par l'entremise du FBI, et se retrouver au coeur d'une manipulation machiavélique. Maniant l'ironie à la perfection, Levison dénonce une société toujours plus sous contrôle et entraîne son lecteur à tourner les pages avec délice et jubilation. Un auteur qui conjugue avec brio plaisir de lecture et propos intelligent : à ne pas rater ! (Nathalie)

     

Les loups à leur porte

Jérémy Fel

Comment résumer ce roman-puzzle intense, savamment construit ? Impossible, tant la manière de tisser les liens entre les histoires et les personnages se resserre habilement, créant la tension et le suspense. Jérémy Fel, pour son premier roman, réussit un coup de maître ! Les chapitres pourraient presque tous se lire comme des nouvelles indépendantes, des variations autour du mal qui rôde, la perversité humaine semblant n'épargner personne ... que ce soit en France ou aux Etats-Unis. Ce n'est pas un thriller et pourtant on sent l'influence de la littérature ou du cinéma américain, l'écriture, très visuelle, et la construction maîtrisée, nous tiennent en haleine jusqu'au bout. Ames sensibles s'abstenir, il y a des passages effrayants, des personnages que vous n'aimeriez pas croiser ..., pour les autres, une lecture intense garantie. Cet ancien libraire fait une entrée fracassante dans le monde littéraire, à suivre absolument ! (Nathalie)

    

Camille, mon envolée

Sophie Daull

Camille, 16 ans, est emportée en quelques jours, à la veille des vacances de Noël, par une mystérieuse fièvre. Deux semaines après sa mort, impensable, inacceptable, sa mère entreprend le récit de ses derniers jours, jusqu'à sa mise en terre, pour ne pas oublier, pour survivre, pour que Camille brille encore de sa lumineuse adolescence dans les mots, dans le chœur inconsolable de sa mère. Sophie Daull alterne le récit des quatre jours funestes avec l'après. Pas de pathos, une écriture précise pour tout dire, parfois avec légèreté et humour même. Femme de théâtre, l'auteure sait choisir les mots, elle connait leur puissance, leur pouvoir salvateur sans doute. On lit ce déchirant et très digne adieu avec empathie, mais sans verser dans l'apitoiement. vous ne pourrez pas éviter quelques larmes mais c'est la vie qui est ici célébrée, celle, trop courte, d'une jeune fille qui, à jamais survivra dans le cœur et la mémoire de celles et ceux qui l'aimaient. Sa mère, en publiant ce récit, lui offre une part d'éternité. (Nathalie)

   

L'intérêt de l'enfant

Ian McEwan

Fiona Maye, juge aux affaires familiales, est une femme précise, imperturbable, habituée à prendre fermement des décisions. A l'approche de la soixantaine, elle vacille dans sa vie personnelle, son mari la quitte. C'est dans ce contexte qu'elle est amenée à se prononcer en urgence sur le cas délicat d'un adolescent, hospitalisé pour une leucémie, qui refuse la transfusion qui pourrait le sauver. Adam Henry est encore mineur, ses parents sont Témoins de Jéhovah. Avant de rendre son verdict, Fiona décide d'aller visiter le jeune malade. Une rencontre qui va changer leur vie à tous les deux. Justice, religion, libre choix ... aucun manichéisme dans ce texte mais une justesse, une précision, une finesse et une maîtrise de la construction romanesque virtuose ! Vous serez bousculés, bouleversés par l'histoire de Fiona et Adam ! Ian McEwan est décidément un très grand écrivain. (Nathalie)

     

Ce cœur changeant

Agnès Desarthe

Rose a dix-sept ans lorsqu'elle débarque à Paris, en 1909, à la conquête de sa vie. Fillette négligée, la jeune femme rêve d'un destin. Très vite, l'exploitation, la pauvreté et Rose sera sauvée in-extrémis. Le roman, entre aventure et récit d'apprentissage est porté par un souffle romanesque digne d'un Dumas. Une écriture faussement légère nous entraîne dans les péripéties de la vie de cette jeune héroïne. Couronné du Prix littéraire du journal Le Monde, ce roman historique pétille et offre un véritable plaisir de lecture ! (Nathalie)

    
   

 Soupes complètes

Sophie Dupuis-Gaulier

Qu'est-ce qu'on mange ce soir ? De la soupe ! Les 100 recettes de ce beau livre vous offrent des possibilités de renouveler le plaisir de ce plat réconfortant. Traditionnelles, exotiques, chaudes ou froides, végétariennes ou non ... les recettes présentées vous donneront sûrement envie de cuisiner, et de vous régaler : à table ! (Nathalie)

    

Venus d'ailleurs

Paola Pigani

Simona et son frère Mirko fuient leur pays en guerre, le Kosovo. Ils débarquent en France au début des années 2 000 et connaissent le difficile parcours des exilés avant d'obtenir le droit de s'installer. A Lyon, ils vivent leur vie de réfugiés de manière très différente : Simona va vite, apprends la langue et cherche farouchement à s'intégrer dans ce pays qu'elle a choisi de faire sien ; Mirko travaille durement sur les chantiers, arpente la ville, ses friches, porte en lui la tristesse, la nostalgie et sa solitude. Toute en délicatesse, l'écriture de Paola Pigani dépeint les nuances de l'exil, les espoirs, les difficultés aussi. (Nathalie)

    

Pour la gloire

James Salter

Dans ce premier roman, enfin traduit en français, ce grand auteur disparu en juin 2015, s'inspire de son expérience de pilote de chasse pendant la guerre de Corée. Son personnage, le capitaine Cleve Connell est le chef d'une escadrille sur une base de Corée du sud. As de la voltige, il doit combattre les fameux Migs soviétiques, supérieurs aux avions américains. Toute l'élégance de l'écriture est déjà là, les interrogations profondes sur le sens de l'honneur, de la vie, l'attention aux personnages. Sorte de mousquetaire, son capitaine est un solitaire, épris d'absolu, confronté à la pire des frustrations pour un pilote de chasse. Qu'est-ce qu'un héros ?, s'interroger Salter : sa réponse est magnifique ! (Nathalie)

    
   

 

 

Août 2013

 
 

Dark Horse 

Craig Johnson

Quel plaisir de retrouver Walt Longmire ! Dans ce dernier opus, le héros de Craig Johnson, sort de sa juridiction pour enquêter incognito dans le Comté voisin, tout près de l’endroit où il est né. Car Walt a des doutes sur la culpabilité de Mary Barsad, qui a pourtant avoué avoir tué son mari de 6 balles dans la tête après que ce dernier aie brûlé la grange avec tous ses chevaux. Comme d’habitude, l’enquête avance lentement, au rythme de ce sheriff bourru, un peu largué, terriblement humain ! Les paysages sont splendidement décrits, les personnages plus vrais que nature, bref, une réussite, encore ! Vivement le prochain ! (Nathalie)

            
 

Impurs 

David Vann

 Dès les premières pages, le piège de ce récit oppressant se referme sur le lecteur. A la fin, on s’en veut presque de n’avoir pu lâcher cette histoire dont aucun personnage ne mérite notre empathie. Cette fois, pas de paysage glacé mais la Californie étouffante : Galen, 22 ans, intelligent, lucide et torturé, vit avec sa mère dans la demeure familiale. Chaque jour, ils rendent visite à la grand-mère dans sa maison de retraite, c’est elle qui pourvoie aux moyens de subsistance. La mère de Galen gère le Fidéicommis. Helen, la tante et Jennifer, sa fille, les rejoignent pour les vacances. Toutes les deux cupides et manipulatrices, la haine est palpable et l’on pressent le drame mais qui le déclenchera ? Dans une écriture somptueuse, David Vann nous mènent au plus profond de la folie dans cette dissection de la famille et confirme son immense talent découvert avec Sukkwan Island et Désolations. (Nathalie)

                

Le mur de mémoire

Anthony Doerr

Dans ce dernier recueil de nouvelles, A. Doerr confirme son talent ! Il nous livre 6 histoires qui nous font voyager dans l’espace et le temps. On s’attache aux différents personnages, à leurs histoires, on se surprend à lire lentement pour en profiter plus longtemps. Le fil conducteur de toutes les nouvelles est la mémoire, les souvenirs de ces jeunes ou vieux dispersés dans le monde. Rien de nostalgique, mais une justesse qui fait mouche, une sensibilité qui nous touche. L’écriture fluide, distille une douce mélancolie. Découvrez sans tarder cet auteur américain qui figure déjà parmi les plus grands ! (Nathalie)

 

                   
Juillet 2013  

 

 Des nœuds d’acier

Sandrine Collette

Théo sort de prison. Il vient de purger une peine de 18 mois après avoir massacré son frère aîné qui lui avait ravi son amour, Lil. Sa première visite est d’ailleurs pour voir Max, devenu un légume, et s’en réjouir. Un héros peu sympathique en somme. Il cherche la paix et le courage de revoir Lil dans une vallée isolée. Au cours d’une randonnée, il est capturé par deux vieux qui vont littéralement le réduire en esclavage. Dans son enfer, il n’est pas seul : Luc vit dans la cave, enchaîné, depuis 8 ans…et lui affirme, qu’il n’y a aucune échappatoire possible. Perversion, humiliations, folie…la description de la lente décrépitude de Théo est effarante. Sandrine Collette fait une entrée remarquée dans le monde du roman noir et n’a rien à envier aux maîtres du genre ! Implacable ! (Nathalie)

           

 Ils vivent la nuit 

Dennis Lehanne

Ce dernier opus de Lehanne fait suite à Un pays à l’aube mais il se lit aussi indépendamment sans problème et avec grand plaisir ! Boston, 1926, la prohibition bat son plein et Joe Coughlin, fils de flic, choisit une vie de hors-la-loi. Il tente de se faire un nom dans la pègre, braque un bar clandestin appartenant au parrain local, Albert White et en prime lui souffle sa maîtresse. La riposte ne se fait pas attendre, mais Joe échappe à la mort et se retrouve au terrible pénitencier de Charlestown. Pour survivre, il s’allie au caïd de la prison, Maso Pescatore qui fera de lui, son homme de confiance. A sa sortie, Joe connaîtra une ascension fulgurante et deviendra le big boss du rhum en Floride. Tous les ingrédients du roman de genre sont là, avec en prime, la complexité des personnages, le mélange entre « western » et Histoire, le rythme et le romanesque : du grand spectacle ! (Nathalie)

 

 

          

                                                                                                                     

             

                                                                                                                            
                

 

                 

 

 

             Juin 2013

 
Max
Sarah Cohen-Scali

Le père de Max : Hitler ; sa mère : l’Allemagne. Max (nom donné par sa mère biologique) mais appelé Konrad par le régime nazi est issu du programme « Lebensborn », mis en place par Himmler dans les années 30. De ce fait, cet enfant est destiné à servir son führer et son pays. Seulement, ses certitudes commencent à vaciller le jour où il rencontre Lukas, un juif polonais.
Max nous déstabilise en tant que lecteur car Konrad nous choque, nous provoque. Roman réussi car il nous fait passer par des sentiments contradictoires, il est aussi nécessaire en dénonçant les exactions commises sur les enfants durant la seconde guerre mondiale. (Stéphanie)

 
 
La splendeur de la vie
Michael Kumpfmüller

Nous sommes en 1923, Franz Kafka, très affaibli par la tuberculose, rejoint sa sœur au bord de la Baltique dans l’espoir d’améliorer son état de santé. C’est là qu’il rencontre Dora. Il a tout juste 40 ans, elle à peine 25, mais c’est le coup de foudre immédiat. Sous la plume délicate de Kumpfmüller, cet amour s’impose à nous par le récit de petits faits, des gestes tendres, des mots murmurés ou écrits. Un roman intense sur un épisode finalement peu connu de la fin de vie du grand écrivain. (Nathalie)

 
 
L’étau
Olen Steinhauer

Dernier volet de la trilogie des aventures de Milo Weaver, agent très spécial de la CIA. Le département du Tourisme, petite unité de Langley chargée des opérations sales, a été décimé par le redoutable Xin Zhu. Milo s’est retiré des affaires. Mais son ancien chef, Alan Drummond, va l’entraîner dans son plan, un peu foireux, pour se venger du Chinois. L’auteur brouille les pistes et entraîne le lecteur dans un jeu de dupes retors, sans temps mort et renouvelle avec brio le roman d’espionnage ! (Nathalie)

 
 
 Le sable était brûlant
 
Roger Smith
 

Robert Dell est accusé d’avoir tué sa femme et ses enfants dans un accident de voiture. Son père, ancien barbouze qu’il déteste, va le sortir de là. Dell découvre alors qu’il était cocu et que sa femme est la victime collatérale du meurtre d’un homme d’affaires véreux. Désormais poursuivi lui-même par l’homme de main du commanditaire, il n’a pas le choix : il lui faut prendre les armes. Son ennemi est un redoutable zoulou d’une cruauté sans limite. Robert Smith signe un véritable pamphlet contre une Afrique de Sud pourrie par la corruption, la violence et l’ignorance. Un roman sans concession, violent, sanglant, dénonçant les rêves brisés d’un pays tout entier et l’on se demande avec effroi si la fiction dépasse réellement la réalité… (Nathalie)

 

 

 

Mai 2013

                  

Black out

Brian Selznick

Roman graphique dans lequel Brian Selznick a l’art d’associer images et mots dont il a le secret pour évoquer deux histoires émouvantes qui vont se rejoindre. Deux enfants à la recherche d’une personne aimée, à New-York, mais cinquante ans les sépare. Que cache leur histoire ? Un roman émouvant, surprenant.(Stéphanie)   

 

 La nuit tombée

Antoine Choplin 

Gouri, écrivain public, quitte Kiev à bord de sa moto brinquebalante à laquelle est fixée une remorque. Destination, la zone « interdite », Pripiat, la ville où il vivait autrefois avec sa famille, avant « l’incident ». Il veut récupérer dans son appartement un objet que les pillards auront sûrement délaissé mais important à ses yeux. Il fait une halte chez des amis, Véra et Iakov. L’occasion d’évoquer les souvenirs de la vie d’avant, de toucher du doigt les drames silencieux d’une population oubliée et courageuse mais aussi d’aider Iakov, malade, à écrire les mots d’amour qu’il n’a jamais osé dire à Véra. Ponctué des poèmes de Gouri, dans une écriture sobre et douce, Antoine Choplin signe un livre essentiel. La tendresse qui irradie ce roman nous rassure sur l’humanité mais ne nous épargne pas de nous sentir face à nos responsabilités. A ne pas rater ! (Nathalie)

 

 

 

 

 
 
 Avril 2013  

Le roman du mariage

Jeffrey Eugenides

Jeffrey Eugenides revisite avec brio le roman d’initiation et le roman d’amour. Autour d’un triangle amoureux classique : Mitchell aime Maddy qui aime Leonard, il réussit à transposer un pur roman du XIX siècle dans les années 80, sur un campus américain. Tout commence le jour de la remise des diplômes dans la prestigieuse université de Brown et se termine un an et demi plus tard. Au cours des 550 pages, nous suivons le parcours de ces trois jeunes gens qui sortent de l’adolescence pour entrer dans leur vie d’adulte, celle des choix. Il y aura bien un mariage, celui de Maddy et Leonard : l’incarnation de la jeune fille sage et un jeune homme brillant dévoré par une maladie mentale. Mitchell, lui, cherchera son salut dans une quête mystique. Mais le thème majeur, c’est celui de l’amour, du mariage au sens littéraire et romanesque dans la pure tradition des œuvres du XIXème siècle. Eugenides, ancien étudiant en littérature, nous entraîne avec talent, à la découverte de ce pan de la littérature. Du coup, en plus de lire avec délices cette exploration de l’âme des trois protagonistes, ce roman magistral nous donne envie de lire des auteurs peut-être un peu oubliés : Barthes, Derrida, Austen, Tolstoï…Un hommage à la littérature et à l’amour ! (Nathalie)

L'ombre douce

Hoai Huong Nguyen

1954, à la fin de la guerre d’Indochine : Yann, jeune breton qui s’est enrôlé dans l’armée pour fuir sa famille, est blessé. Soigné dans un hôpital militaire de Hanoï, il tombe amoureux de Mai, jeune infirmière qui ira jusqu’à mentir sur l’état du jeune homme pour le garder plus longtemps près d’elle. Ils réussiront à se marier contre l’avis de la famille de Mai qui avait d’autres projets d’union pour elle. Mais Yann, guéri, doit retourner au combat, en pleine débacle. Il sera fait prisonnier et conduit à marche forcée dans un camp. Mai n’aura de cesse de le faire libérer, coûte que coûte. Une histoire d’amour au cœur de la violence d’une guerre délicatement racontée par cette jeune auteure qui signe ici un premier roman prometteur. (Nathalie)

 

Ida Brandt

Herman Bang

Découvrez cet auteur danois, mort en 1912, remis à l’honneur par les éditions Phébus. Ida est une jeune femme naïve, profondément gentille et altruiste qui ne sera jamais à sa place nulle part. Son héritage l’a mise à l’abri du besoin et pourtant elle travaille comme infirmière dans un asile. Ce dévouement parait louche à ses collègues. La bonne bourgeoisie danoise qu’elle fréquente ne la considère guère mieux qu’une domestique. Elle va s’éprendre d’un homme qui au final, la délaissera pour une alliance plus juteuse et « respectable ». Ida semble traverser cette destinée sans jamais se plaindre. La force de l’auteur, c’est la description de ce quotidien, par petites touches, il nous conduit à nous sentir proche de ses personnages. Il pratique l’art de l’ellipse pour mieux nous laisser la possibilité de laisser surgir les émotions que suscite le destin de cette héroïne discrète. (Nathalie)

 

                             

 L’apiculture selon Samuel Beckett 

Martin Page

Cet ovni littéraire qui se lit en deux heures est un journal imaginaire : celui d’un jeune chercheur en anthropologie, recruté temporairement par Samuel Beckett pour trier ses archives, en 1985. Une occasion de pénétrer dans le quotidien et l’intimité de cet immense auteur, prix Nobel un brin imposant. L’homme se révèle simple, gourmand (fin spécialiste du chocolat chaud), épris de liberté et facétieux. L’occasion aussi pour Martin Page d’amener son lecteur à s’interroger sur la littérature, l’écriture, la place de la culture dans la vie des hommes, la renommée… Ne boudez pas votre plaisir : précipitez-vous sur ce petit bijou, à déguster sans modération avec ou sans chocolat chaud !  (Nathalie                                                                                                   

                                      

 

 

                                                            

 La demeure éternelle 
 William Gay

Le Tenessee des années 40 est une terre pauvre, rude, peuplée d’êtres frustres. L’alcool, la violence coulent à flots. C’est dans ce contexte que démarre ce roman très sombre. Sur cette terre, sévit Dallas Hardin, le pire des malfaisants : il spolie, vole et tue en toute impunité, faisant régner la terreur sur le territoire de Mormon Springs. Un seul homme va oser l’affronter, Nathan Winner et il en meurt. William Gay nous fait alors sauter quelques années et nous plonge dans la chronique de ce bout de terre misérable. Le fils Winner, qui ignore tout de ce qui est arrivé à son père, a grandi comme il a pu mais c’est un jeune homme prometteur. Un vieux voisin bourru l’a pris sous son aile et l’observe. C’est sa jeunesse, son innocence, son honnêteté et son courage qui le conduiront, par amour, à affronter cette figure du Mal qu’est Hardin. La richesse de la langue, le lyrisme et la lenteur de ce roman soit vous enchanteront soit vous décourageront. Pour ma part, William Gay fait désormais partie des grands auteurs de roman noirs ! (Nathalie)

 
 
Tout s’est bien passé
Emmanuèle Bernheim
Dans ce récit autobiographique, l’auteure évoque la mort choisie de son père. Victime d’un AVC, ce vieil homme refusait de se voir diminué de la sorte. Il a donc demandé à sa fille de l’aider à en finir. Dans un style haletant, presque lapidaire, elle raconte donc ces quelques mois avant l’ultime décision. La force d’Emmanuèle Bernheim est de nous livrer ce témoignage d’une justesse incroyable, sans jamais sombrer dans le pathos et au contraire en nous faisant parfois rire ! Le sujet est très actuel, sensible. On se surprend à lire ce court récit en retenant sa respiration ; un livre fort, salutaire sûrement et qui peut toucher chacun ! (Nathalie)
 

 

         
Février 2013   

Le dernier Lapon

Olivier Truc

 Kautokeino, Laponie centrale, "capitale" des Samis (lapons) éleveurs de rennes. Klemet et Nina, enquêteurs de la police des rennes, vont avoir à résoudre deux enquêtes en ce début de mois de janvier où règne la nuit polaire. Deux crimes : le vol d'un tambour de chaman et le meurtre d'un éleveur. Les deux crimes sont-ils liés ? Un premier roman passionnant, un thriller bien documenté. Couvrez-vous et partez en Laponie sur les traces de la police des rennes.(Marie-Françoise)
                                    

          
 Le Blues du braqueur de banque

Flemming Jensen

 Max, conseiller politique, a assassiné son meilleur ami, qui s'avère être également le premier ministre danois. Coincé entre une insurrection groenlandaise, d'âpres négociations internationales, un match Danemark-Suède et l'intervention d'une jeune scoute, il doit échafauder un plan pour se tirer d'affaire. Retrouvez le talent de conteur de Flemming Jensen auteur d'Imaqa, dans ce polar politique philosophiquement drôle. (Marie-Françoise)

 

 
   

 

Janvier 2013

 

 La Déesse des petites victoires

Yannick Grannec

On se surprend à lire d'une traite cette biographie romancée d'un très grand mathématicien, Kurt Gödel. D'origine autrichienne, immigré à Princeton, il a été un proche d'Albert Einstein et surtout l'un des plus grands scientifiques du vingtième siècle. Le parti pris par l'auteur est de raconter l'histoire par le prisme du récit d'Adèle, la veuve Gödel : ancienne danseuse de bar qui a consacré sa vie à son mari. Personnage haut en couleur, débordante de joie de vivre, Adèle est devenue la gardienne du temple et refuse de livrer des documents d'une valeur scientifique incommensurable. Une jeune documentaliste, Anna, venue l'interroger dans sa maison de retraite, saura l'amadouer. On se passionne donc pour le destin de ce génie quêtant l'impossible jusqu'à la paranoïa, la folie, luttant avec ses fantômes et l'anorexie ; pour l'histoire de ce couple improbable. Un premier roman original et surtout pas réservé aux matheux ! (Nathalie)

 

 A travers les champs bleus

Claire Keegan

Troisième opus de Claire Keegan, ce recueil de nouvelles confirme l'immense talent de cette écrivaine. L'Irlande vibre au cœur de ses récits : la terre, la tourbe, la mer agitée...Chaque texte est une histoire forte, les femmes sont au centre des récits, courageuses et dignes. Claire Keegan aime tous ses personnages, les évoque avec pudeur mais sans tabou dans un style d'une justesse imparable. (Nathalie)

 

L'Embellie

Audur Ava Olafsdottir

Après Rosa Candida, le deuxième roman de cette auteure islandaise était attendu ! Une femme fraîchement divorcée entreprend un tour d'Islande automobile avec un enfant de quatre ans sourd et malvoyant que lui a confié sa meilleure amie, coincée à l'hôpital. La magie opère tout au long de ce périple pluvieux, construit comme un conte et parsemé de rencontres attachantes .Toujours en douceur, sans effets de pathos, mais avec poésie et sensibilité, une bonne dose d'humour et d'autodérision, Audur Ava Olafsdottir, nous entraîne dans cette histoire pleine de tendresse... Et lorsque, au terme du voyage, le soleil pointe, comme une embellie, le lecteur, décidément complice de ces deux personnages, se sent pleinement réchauffé. Faites-vous du bien, embarquez ! (Nathalie)

La Capitana

Elsa Osorio

Mika, Micaela Feldman de Etchebéhère (1902-1992), a réellement vécu en Patagonie, à Paris, Berlin et en Espagne, se trouvant à l'épicentre des convulsions qui ont secoué le monde contemporain depuis les années 1930. A partir de ses carnets de notes et des rencontres avec les gens qui l'ont connue, ce roman dresse le portrait de cette inlassable militante pour l'égalité, la justice et la liberté. Elsa Osorio la sort de l'oubli et nous entraîne dans le tumulte extraordinaire de cette vie pleine d'amour, d'exigence en nous plongeant à travers l'Histoire. La construction du récit biographique nous tient en haleine et les fragments finissent par se rejoindre en une brillante épopée. (Nathalie)

        

L’Echelle de Scoville

 Anne Vantal

Nina et Lydie sont les meilleures amies du monde et rien ne semble altérer leur amitié, jusqu’ à l’arrivée de Paul-Marie. Jeune homme intriguant, il fera voler en éclat ce duo inséparable en utilisant avec beaucoup d’habileté l’art de la manipulation.

Sur une série de photographies de Pauline Fargue et en adoptant une construction du récit avant/après, Anne Vantal nous propose une fiction intrigante. Qui est Paul-Marie et que renferme son petit cahier bleu ? Les deux jeunes filles ne savent pas à quel point l’influence du jeune homme sera lourde de conséquence… (Stéphanie)

 

Peur express

Jo Witek, Actes Sud junior

Un 22 décembre, un TGV est bloqué sur un viaduc, en pleine tempête de neige. A l’intérieur, parmi les passagers qui doivent prendre leur mal en patience, six adolescents qui ne se connaissent pas vont vivre chacun leur pire cauchemar. Hallucinations, apparitions fantomatiques, rites sataniques, ils ne seront plus les mêmes après ça. Si officiellement l’enquête policière clôt rapidement l’affaire, un scientifique du Centre de Recherche sur les Phénomènes Scientifiquement Inexpliqués tente d’apporter une ou des explications sur cette étrange affaire. Peur express est un thriller haletant de bout en bout et avec le sauvetage du train, le roman aurait pu se terminer ainsi. Mais, la dernière partie qui tente de donner des éléments de réponse apporte un plus. Jusqu’où peut aller notre subconscient et quelles sont les limites de la science ?

Sous couvert de nous faire frissonner, Jo Witek évoque, enfin, la possibilité pour ces adolescents de se reconstruire après un traumatisme. (Stéphanie).